Liberté d’expression, liberté de religion, laïcité et caricatures de Mahomet
Catherine Teitgen-Colly, Professeure émérite de l’université Paris 1 Panthéon –Sorbonne
« Comment prendre en considération le nécessaire respect des personnes et de leur croyances tout en ne transigeant pas sur les principes de liberté d’expression et de laïcité ? », telle est la question à laquelle le club citoyen invite à réfléchir à la suite de la décapitation le16 octobre dernier, en pleine rue et à proximité du collège de Conflans –Saint –Honorine où il enseignait, de Samuel Paty, professeur d’ histoire-géographie par un jeune djihadiste. Cet assassinat , qui s’inscrit dans la suite d’autres tragédies qu’a connues la France depuis 1995 du fait des attentats terroristes, présente la singularité d’être intervenu, en réaction à la présentation par ce professeur des caricatures de Mahomet à des élèves de quatrième dans le cadre de son cours d’éducation morale et civique; il a donc trait à l’exercice de la liberté d’expression. La tragédie en cause, l’émoi qu’elle a suscité, l’ampleur des réactions international es auxquelles elle a donné lieu, comme l’enjeu politique qui s’attache à l’exercice de cette liberté en démocratie, invitent à aborder ce débat avec la plus grande modestie.
Lire le compte rendu →Exposé Les 10 ans passés ont été marqués par des chocs de « souveraineté » (Crise Ukrainienne, crise migratoire, Brexit …) qui ont montré la fragilité de l’UE et accru la défiance à son endroit. La crise « COVID » est d’une autre nature, imprévue avec un impact brutal nécessitant une réponse forte et coordonnée, illustrée par la décision d’y faire face avec un plan de 750 G€ gagés par l’UE (dont les modalités de distribution restent à préciser). Jacques Delors a dû pour cela sorti de son silence pour avertir : » le microbe est de retour : le manque de solidarité fait courir un risque mortel à l’Union Européenne.
Lire le compte rendu →Au préalable, Ch. Boisbouvier tient à rappeler la mémoire des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon tués le 2 novembre 2013 près de Kidal (Mali). En dépit des efforts menés par l’avocate Marie Dosé les juges d’instruction Trévidic et Herbaut pour savoir par qui, on l’ignore encore.
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Nous sommes en train de vivre une deuxième vague de contestations populaires après celle de 2011.
Commencée en Algérie, on assiste à un étonnant processus de transition. Les mouvements de 2011 étaient devenus des mouvements violents dégénérant en guerres bien loin d’être terminées. La volonté des manifestants de ne pas tomber dans le piège de la militarisation est aujourd’hui nouvelle car la militarisation implique des ingérences extérieures qui rajoutent des complexités.
La nouvelle génération de manifestants mieux formée que ses aînées s’est développée avec un nouvel élément : « Al Djezira », véritable révolution dans une région où l’info était contrôlée. Les jeunes regardent les débats organisés par la chaîne, voient ce qui se passe en Occident, ont mûri et se disent qu’il n’y a pas de fatalité à subir des régimes autoritaires.
L’Algérie de 2011 était restée à l’écart de la vague de contestations douloureusement marquée qu’elle était par la décennie noire de la guerre civile. Le pouvoir cajolait par ailleurs les jeunes grâce à la rente pétrolière.
En Arabie Saoudite (AS) la contestation a commencé dans l’Est du pays. Le pouvoir y a distribué beaucoup d’argent et donné quelques maigres droits civiques à la population chiite pour appuyer une contre-révolution visant son pire ennemi : les Frères Musulmans.
Lire le compte rendu →Présentation : M. SAÏD SADI est médecin, docteur en psychiatrie ; fondateur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme en 1985, secrétaire général puis président jusqu’en 2012 du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) créé en 1989 (quatrième force en Algérie), dont la préoccupation essentielle est la défense de la culture et de la langue berbère, de la démocratie, de la laïcité de l’Etat et contre les courants islamistes, les fraudes et les coups d’Etat. Il fut candidat aux premières élections présidentielles pluralistes en 1995 (3e rang), puis à celles d’avril 2004 et député d’Alger de 1997 à 2002, puis de 2007 à 2012. En vue de la refondation nationale, il est l’un des auteurs d’un avant-projet de Charte citoyenne « Pour une Algérie libre et démocratique » du 22 août 2019. En outre, il est l’auteur notamment de L’Algérie, échec recommencé, 1986, écrit en détention, réédité en 1991 (éd. Franz Fanon, Alger) et de Révolution du 22 février, un miracle algérien, 2019 (éd. Franz Fanon, Alger).
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