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Posts tagged "societe"

02/12/2019 – BREXIT – Philippe Bernard

Correspondant du Monde au Royaume Uni de 2014 à 2019

Exposé

Le Brexit aura lieu mais les négociations vont durer longtemps. Les élections à venir du 12 décembre ne sont qu’une péripétie d’une histoire au long cours. Voici bientôt quatre ans que par référendum les britanniques ont voté à 51,9 % pour la sortie de l’UE.

Overdose du mot « Brexit » : 4060 articles du « Monde » avec le mot Brexit. Exaspération des Britanniques avec trois élections législatives en 2015 (Cameron), en 2017 (May) et dans quelques jours en 2019 (Johnson).

Je retire trois leçons fondamentales de mon passage à Londres :

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07/01/2019 – 70 ans de Droits de l’Homme – Catherine Teitgen Colly

Exposé

La question est importante. Toute réflexion sur les droits de l’homme  est une invitation à la complexité Même si l’événement est déjà lointain, l’actualité le remet à l’ordre du jour. Son soixante-dixième anniversaire a été marqué par de nombreuses manifestations qui en montent l’actualité. Cette soirée est une  invitation à se pencher non de manière très générale sur les droits de l’homme mais sur la construction d’un droit international des droits de l’homme dont la DUDH constitue le socle  pour comprendre le mystère de son émergence et  le succès  de son  développement, soit d’abord un état des lieux à dresser avant de s’interroger au-delà sur les  questions, défis et enjeux aujourd’hui de ce droit des droits de l’homme.

 

I-                   L’état des lieux

La DUDH du 10 décembre 1948 est un texte mythique et sacré. Elle marque une rupture complète avec l’ordre westphalien dessiné deux siècles plus tôt par le  traité de Westphalie qui mettait un terme aux guerres de religion ayant décimé  l’Europe. Le traité dessine un ordre international – l’ordre westphalien – reposant sur la souveraineté des États – nations et l’égalité entre tous les États. Le droit international s’affirme alors comme  un droit des États .

La DUDH ne sort pas du néant. La proclamation internationale  des  droits de l’homme  est le fruit  d’une  longue maturation de la pensée politique. Au-delà des   proclamations nationales des  droits de l’homme  parfois ancienne  (en Angleterre , la charte de de 1215 ,la   Pétition des droits de 1628.., aux Etats -Unis, la déclaration d’indépendance de 1776, en France, la Déclaration des  droits de l’homme et du citoyen de 1789), les guerres entre les États  conduisent  à l’adoption des premiers instruments internationaux  de protection des droits de l‘homme, d’abord pour assurer à l’issue de la guerre de Crimée et la  bataille de Solférino la protection des « blessés » (convention de Genève de 1864  en réponse à l’appel d’Henri Dunant qui fonde alors la Croix rouge internationale ), puis des « travailleurs » dans le cadre de l’Organisation  internationale du travail  (OIT) créée après la première guerre  sous l’égide de la Société des Nations et qui  jouera un rôle fondamental dans leur protection et la promotion de leurs droits,  ou encore des « réfugiés » par plusieurs  conventions de l’entre-deux guerre.,etc.… Devant la montée des totalitarismes, du nazisme et des fascismes  pendant l’entre deux guerres, puis le déchainement de la  barbarie de la seconde  guerre, la société  internationale  entend  répondre par la création de l’Organisation des Nations unies ( charte de San Francisco en 1945)  aux questions  qu’Hannah Arendt posait dans Les origines du totalitarisme :  comment penser l’impensable? Comment comprendre  la terreur absolue et le mépris radical de la personne humaine ?

Le préambule de la charte  des Nations unies   rend compte de cette prise de conscience mondiale des liens entre la paix et le respect des droits de l’homme en ces termes « Nous peuples des Nations Unies » sommes « résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre […],  à  proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petite[…] ». Il s’agit là d’ « un idéal commun » que la Commission des droits de l’homme créée en 1946 se voit chargée  de  préciser  dans ce qui sera la DUDH. La rupture est majeure. Pour la première fois, l’homme   est pris en compte par le droit international en tant que tel, et non plus au vu d’une qualité particulière (celle de blessé, de travailleur..) .Il devient sujet du  droit international. Loin d’être  une proclamation du seul monde occidental,  la charte à des Nations Unies rassemble la signature de 50 États tandis que  la Commission de droits d’homme qui élabore la DUDH  en rassemble 48 sous la présidence d’Éléonore Roosevelt  et  la présence  particulièrement active de la France  mais aussi de la Chine et le Liban.

Cette dynamique n’est pas étrangère  à l’action de grandes personnalités. A cet égard doit être cité le nom de René Cassin, mutilé de la guerre de 14 soucieux alors de  créer un droit de la responsabilité pour réparer les préjudices causés par la guerre et Président de l’alliance israélite universelle. En 1940, il rejoint De Gaulle à Londres, puis, nommé  à son issue vice-président du Conseil d’État, il  joue un rôle  décisif dans  la rédaction de l’avant- projet de DUDH qui en constituera le socle puis de la convention européenne des DH . Il veut associer à la rédaction de la première  l’opinion publique et la société civile par la création par les États aux  cotés des autorités diplomatiques de comités locaux – comité qui est  à l’origine  en France de l’actuelle  Commission nationale des droits de l’homme – CNCDH)  à jugeant que « plus qu’aucun autre, c’est le soutien de l’opinion publique  qui forme la clef de voute des  droits de l’homme sur le plan international et national ». Bref,  il veut profiter des esprits disposés à mettre fin à l’horreur des camps. Il va s’appuyer sur les dispositions existantes en faveur des DH dans les constitutions des États en y ajoutant des principes généraux touchant à  ce qu’il nomme «  l’unité du genre humain ».

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01/10/2018 – Peur de l’étranger – Benjamin Stora

 

EXPOSE

C’est très courageux de poser cette question ; L’histoire française a toujours balancé entre hostilité et hospitalité envers les migrants, qu’il s’agisse des Polonais des Italiens, des algériens …Il n’y a pas de tradition permanente d’hospitalité.

À partir des années 80s de nouvelles interrogations se font jour à propos de la crise migratoire.

  1. D’abord en raison des inégalités croissantes Nord-Sud qui se sont encore creusées avec la crise de 2008.
  2. Ensuite pour des raisons écologiques, principalement la désertification croissante en Afrique mais aussi d’un productivisme effréné menant à un désastre écologique gonflant les migrations mondiales (250M de personnes /an actuellement)
  3. Les problèmes rencontrés par la « transition démocratique en Égypte, en Lybie, en Syrie… Ils poussent la jeunesse à émigrer : Elle n’a pas le temps d’attendre les révolutions démocratiques.
  4. Interrogation sur les rapports entre l’UE et ces régimes (« Vous nous dites de rester sur place et vous soutenez des régimes non démocratiques ! »)

D’où 2 millions d’arrivées entre 2014 et 2016. Du jamais vu ! Aucune anticipation de personne, ONG compris. On est retombé à 100 000/an actuellement.

Pourquoi cette réaction des pays du Nord ?

  1. Les idéaux des politiques d’accueil sont en crise. On n’a plus les processus d’intégrations importantes via de grands corps intermédiaires : organisations ouvrières, partis, syndicats se sont effondrés. Le PS + PC n’est plus rien : moins de 10% des voix à eux deux. Ces deux grands partis avaient une histoire. Ils se sont volatilisés et les ONG ne peuvent s’y substituer car elles doivent être adossées à des partis importants.

L’échiquier politique a éclaté à gauche mais aussi à droite où sous le feu de l’extrême droite la droite républicaine cède du terrain.

La gauche est divisée entre ceux pour qui il faut d’abord régler la question sociale et économique en étant d’abord fidèles à la lutte des classes, et ceux qui sont plus sensibles aux droits de l’homme, aux luttes des femmes, à l’écologie, qui réagissent par excès.

Sans pôle politique fort, la digue se fend et on n’y peut rien. LRM est encore très fragile et pourrait encore éclater.

  1. Peur de la société face à un avenir politique bien incertain. Peur aussi du déclassement social.

Si ces deux raisons en arrivent à se conjuguer, le risque de déflagration devient important et on cherchera     un bouc émissaire.

  1. Mais il y a aussi une troisième cause constituée par le couple Islam-histoire coloniale. Nœud très puissant entre la question religieuse islamique et la colonisation. La France a eu le 2ème empire mondial à la fin du XIXème siècle et l’Islam est apparu comme un refuge entre modernité et histoire coloniale. L’Europe parlait le français au XIXème siècle d’où un chauvinisme universaliste qu’on n’arrive pas à dépasser. Ce nœud traverse toutes les formations politiques.

Conclusion :  D’abord admettre le diagnostic pour fonder une stratégie.

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04/06/2018 – Les défis de l’I.A. – Matthieu Cord

Exposé
Je suis docteur en traitement d’images. J’apprends avec un ordinateur à regarder automatiquement la télé. L’analyse de l’image couvre plusieurs aspects :
•    La restauration de l’image
•    La compression de l’image i.e la réduction d’infos transmises sans perte de sens,
•    L’interprétation de l’image
•    La détection d’images équivalentes…
La première question à se poser est : Comment traduire informatiquement les critères de ressemblance des images. ? C’est une question mathématique ; On rentre alors dans le problème de classification des images i.e de produire une étiquette décrivant le contenu de l’image puis dans celui de la production d’une légende qui est une description plus détaillée de l’image, puis celui de générer des images…
La chaîne de traitement peut-être plus ou moins « profonde ».
Dans le « deep learning », les analyses informatiques des images ne sont pas totalement incluses dans le programme informatique initial. ICe dernier va fixer lui-même âr apprentissage tous les coefficients de la table de mixage : on fixe donc un cadre mais pas tous les paramètres. On aboutit ainsi à une machine plus performante capable de trouver les bons paramètres par apprentissage selon une logique :
Essai – erreur – correction
Les machines vont ainsi s’améliorer au cours de l’entrainement. Il faut beaucoup d’images pour rendre le processus efficace. Une fois la machine entraînée, elle saura faire une généralisation toute seule. C’est un bon exemple d’intelligence artificielle, qui se prolongera vers des problèmes de perception plus complexes. L’accroissement de la capacité d’adaptation du système va de pair avec plus d’autonomie. La nature de l’IA évolue avec le temps  (exemple de l’« avion sans pilote du XIXème au XXème siècle : la voiture automatique a subi un traitement « deep learning » contrairement à l’avion sans pilote.

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29/05/2017 – Recomposition politique – Laurent Bouvet

Exposé

La « surprise » Macron est exceptionnelle dans la Vème République. Elle est le fruit d’une conjonction particulière d’évènements politiques. Je connais Emmanuel Macron depuis 2000 où je l’avais rencontré à « Esprit ». Disons qu’il a su prendre sa chance. Il a éliminé tous les vieux candidats de 2008 dont le peuple ne voulait plus. Il a bénéficié de partis en fin de course dont le PS, le parti d’Épinay. François Hollande ne s’est pas représenté. Il a su profité des circonstances. Le ralliement de Bayrou l’a bien aidé.

Au-delà, Emmanuel Macron (EM) a bien saisi une appétence pour des partis plus larges que les partis traditionnels, pour des mouvements. Mélenchon a fait de même. Ces grands mouvements n’ont pas été analysés par les politologues.

EM a aussi saisi une demande de verticalité, d’autorité, d’être gouvernés, de quelqu’un qui dit ce qu’il va faire. Il l’a fait en passant au centre.

Il est trop tôt pour parler de l’organisation de son mouvement (voir Philippe Raynaud : « L’esprit de la Vème République »). On fait parfois référence à la théorie US des réalignements politiques qui dit qu’il faut attendre2 ou plus d’élections pour cela. Ceci dit on est sans doute dans un réalignement assez profond. Aura-t-on un bloc central flanqué de La France Insoumise (LFI) et du FN ? Il faut attendre quelques mois pour juger de la discipline des nouveaux députés. Le résultat des législatives ne nous en dira pas assez. Globalement la France est à droite. La majorité qui va sortir des urnes sera plutôt à droite.

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