Exposé
(En ouverture de son exposé, B. Tertrais indique qu’à sa grande confusion, il sera obligé d’écourter sa présence à la soirée en raison d’une urgence familiale totalement imprévue)
Se référant à un entretien donné récemment au Figaro, je suis tenté de résumer la question des frontières par un : « Les frontières ont gagné ». Le rêve d’un monde sans frontières est en train d se fracasser sur le réel et depuis une dizaine d’années les frontières sont clairement de retour sur l’agenda international. Les frontières ont donc résisté à la mondialisation avec deux dates clés, 1989 la chute du mur de Berlin. 2016 l’élection de Donald Trump.
Mon propos est la frontière internationale, i.e une ligne géographique qui sépare deux souverainetés étatiques.
Aujourd’hui la quasi-totalité de l’espace terrestre est divisée en États délimités par des frontières (plus de terres vierges) alors qu’en mer le processus de partage ne fait que commencer. La distinction entre frontières naturelles et frontières artificielles (Canada-USA par exemple) est quelque peu « artificielle ». Certaines des frontières « naturelles » comme le Rhin par exemple ont été parmi les plus discutées dans l’Histoire et vice et versa comme par exemple la frontière entre le Canada et les USA.
La question des frontières maritimes est compliquée : au-delà des eaux territoriales, il y a différentes limites à l’intérieur desquelles les États peuvent avoir des droits sans avoir de souveraineté (cf. la ZEE : zone économique exclusive). Nous sommes aujourd’hui en plein dans la convention de Montego bay par laquelle les États ont la possibilité de demander ll’élargissement de ces limites à partir d’arguments géologiques. La France grâce à ses DOM-TOM a engagé un programme de recherche en ce sens et pourrait se retrouver dans une dizaine d’années à la tête du premier domaine maritime mondia si ses revendications qui ont pour l’instant reçu un accueil plutôt favorable des Nations Unies sont finalement approuvées,.
S’agissant de l’Europe, on a l’espace de Schengen qui contient aussi une grande partie maritime. La libre circulation des personnes, des biens et des services en fait une zone unique au monde. À cause de la crise des migrants (2015-2017) mais aussi de la pandémie, il y a aujourd’hui une tendance à la suspension de la libre circulation des personnes. À mon sens cela ne devrait n’être que provisoire tant les européens sont attachés à leur libre circulation dans cet espace.
Un autre exemple de la complexité de la question des frontières maritimes est celui de la mer de Chine du Sud, une des zones les plus dangereuses du monde mais aussi les plus importantes pour le trafic maritime mondial. Un espace très important y est revendiqué par les différents États côtiers (Vietnam, Philippines, Indonésie …) mais la Chine considère qu’il lui appartient. Un véritable jeu de Go s’y déroule avec une série d’actions des États pour poldériser îles ou îlots et y construire des bases pour y justifier une extension de leurs droits. C’est donc une zone explosive où il n’y a pas d’accords sur les limites maritimes des droits de chacun de ces États côtiers.
Mais on a aussi des zones terrestres où s’observe la tentation de remettre en cause certaines frontières. L’annexion en 2014 de la Crimée par la Russie a brisé un tabou. Au Moyen Orient , tentative de Daesch en 2014-2015 d’effacer la ligne Sykes-Picot, frontière entre la Syrie et l’Irak, au nom de la création d’un califat.
Une autre caractéristique de la frontière contemporaine est l’érection de murs et barrières de plus en plus nombreux depuis une vingtaine d’années (une soixantaine aujourd’hui) par des États qui sont dans une logique de construction de leur souveraineté. L’une des plus longues barrières est entre l’Inde et le Bangladesh. Non seulement les frontières terrestres sont de plus en plus solides mais elles sont délimitées par des murs et barrières qui n’ont cependant que peu à voir avec ceux d’autrefois qui étaient d’abord destinés à empêcher de sortir. Le seul de ce type à exister encore aujourd’hui est celui qui sépare la Corée du Nord de celle du Sud.
Lire le compte rendu →Exposé Vous m’aviez invité il y a une dizaine d’années. Je voudrais d’abord faire un rappel factuel de ce qui s’est passé depuis la révolution de 2011 en essayant de prendre de la distance par rapport à ces évènements car la situation actuelle m’apparaît largement comme une parenthèse dans une évolution en cours qu’il faut tenter de dessiner. Les événements ont débuté dans une région à dominante agricole du centre du pays et surtout parmi les jeunes. Mais il s’est rapidement étendu à tout le pays et à l’ensemble de la population. Il y a eu deux gouvernements pendant la « première transition » i.e la période qui va du départ de Ben Ali (14 janvier 2011) à l’élection de l’assemblée constituante le 23 octobre 2011 Beji Caïd Essebsi (BCE) est nommé premier ministre du deuxième après la démission rapide de Mohamed Ghannouchi. Il bénéficie d’une grande profondeur politique puisqu’il a occupé des fonctions éminentes dès la fondation de la république tunisienne en 1956 et jusqu’en 1992. Il revient donc sur le devant de la scène après une éclipse de plus d’une vingtaine d’années. Son gouvernement prépare et organise les élections de l’assemblée constituante. Dans celle-ci le parti islamiste tunisien, Ennahdha avec 89 sièges sur 217 est le grand gagnant. Loin Derrière lui on trouve le parti moderniste Nidaa Tounès à 26% puis des partis en rupture totale avec l’ancien régime. Un accord intervient entre Ennardha et deux de ces partis (CPR et Ettakatol) pour former un noyau majoritaire stable. Cet accord ouvre l’ère de la Troïka.
Lire le compte rendu →Bernard REBER (la procédure)
Je suis un philosophe moral et politique. Le suivi de cette affaire a représenté pour moi presqu’un mois de travail à temps plein. Mon objet de recherche est « Comment peut-on améliorer la démocratie délibérative ». Il y a eu les Gilets jaunes et le grand débat national soit 10000 réunions locales en 1,5 mois. Une plateforme dédiée a enregistré deux millions de propositions : C’était intraitable. Heureusement l’incendie de Notre Dame fait diversion et permet à E. Macron d’annoncer la réunion de la Convention Citoyenne qualifiée « expérience d’intelligence collective »….
Une difficulté technique brouille toute la suite de mon enregistrement. J’en suis réduit à vous recommander les liens suivants qui pourront vous donner l’image la plus approchante possible de la soirée. Merci de m’en excuser.
Amy DAHAN (Le contenu des propositions)
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Débat
Pour la même raison que pour les deux exposés, je ne suis pas à même de rendre compte de l’intéressant débat qui les a suivis et vous prie de m’en excuser. J’avoue ne me rappeler clairement que de la dernière question posée dont je fus l’auteur. La voici :
Q. Les projets de loi débattus à l’Assemblée Nationale font l’objet d’un très important travail dans ses diverses commissions. Qu’apporte de plus la procédure de la Convention Citoyenne à la lumière de l’expérience de la Convention Citoyenne sur le climat ?
Ne vaudrait—il pas mieux examiner en priorité la façon de rendre plus visible et plus accessible aux Citoyens le travail de ces commissions plutôt que de recourir à des procédures parallèles dont la complexité, le coût et la représentativité ne sont pas sans poser beaucoup de questions ?
Gérard PIKETTY
À l’aide de nombreuses diapositives Pascale Cossart décrit le fonctionnement de la cellule et sa perturbation par les différents types de virus. Il ne peut être ici question d’en rendre compte de façon détaillée. On se limitera à ce qui semble l’essentiel :
Le monde du vivant est partagé en trois grands groupes : le groupe des bactéries, le groupe des Archées et le groupe des Eucaryotes. Nous appartenons à ce dernier groupe dont les éléments sont composés de cellules à l’intérieur desquelles se trouve un noyau. Celui-ci comprend une très longue molécule, l’ADN qui est notre patrimoine génétique. Cet ADN contient toutes les informations indispensables à notre développement. Il peut à l’aide d’enzymes être transcrit notamment en un ARN qui pilotera la production des protéines nécessaires et qu’on appelle pour cela l’ARN messager.
Les virus ne se nourrissent pas, ne grandissent pas. Ils ne se divisent pas. Ce ne sont pas des organismes vivants. Ils ne se multiplient que s’ils peuvent pénétrer dans une cellule vivante. L’habitude les a classés dans la catégorie des microbes capables d’infecter les organismes vivants.
Le Corona virus SARS COV 2 provient d’une chauve-souris. Il est enveloppé dans une membrane couverte, comme une couronne, de nombreuses copies d’une protéine appelée spicule, spike en anglais. Celle-ci joue un rôle déterminant dans sa pénétration dans les cellules de certaines parties de notre corps.
Lire le compte rendu →La crise de la Covid a déclenché une réflexion qui coïncide heureusement avec la mise en place de la commission Van der Layen.
Si l’on exclut la construction, l’industrie compte en moyenne pour 19 % dans l’UE, 25 en Allemagne et 13 en France. Bien sûr, chaque pays a ses points forts mais cela montre que le taux français n’a pas de réalité dans beaucoup d’autres pays de l’UE. Il est le résultat de choix des politiques publiques, de cultures diverses.
Nous avons de grands groupes mondialisés mais le déficit important de la France en ETI (Entreprises de taille moyenne de 500 à 5000 employés) est bien connu (d’un facteur 10 par rapport à l’Allemagne). Or les ETI délocalisent moins facilement que les premiers.
Ceci étant faut-il relocaliser ou ré-insdustrialiser le pays ? et dans le deuxième cas dans quels domaines ? favoriser la localisation en France dans les domaines d’avenir (airbus de l’hydrogène par exemple) est mieux que de reproduire de l’acier en France.
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