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07/12/2020 – Catherine Teitgen-Colly – Liberté d’expression.

Liberté d’expression, liberté  de religion,  laïcité  et caricatures de Mahomet

Catherine Teitgen-Colly, Professeure émérite de l’université Paris 1 Panthéon –Sorbonne

« Comment prendre en considération le nécessaire respect des personnes et de leur croyances tout en ne transigeant pas  sur les  principes de liberté d’expression et de laïcité ? », telle est la question à laquelle  le club citoyen invite à réfléchir à la suite de la décapitation  le16 octobre dernier,  en pleine rue et à proximité du collège  de Conflans –Saint –Honorine où il enseignait, de Samuel  Paty, professeur d’ histoire-géographie par un jeune djihadiste. Cet assassinat , qui  s’inscrit dans la suite d’autres tragédies qu’a connues  la France depuis 1995 du fait des attentats terroristes,  présente la singularité d’être intervenu, en réaction à la présentation  par ce professeur des caricatures de Mahomet à des élèves de quatrième dans le cadre de son cours d’éducation morale et civique; il a donc trait à  l’exercice de la liberté d’expression. La  tragédie en cause, l’émoi qu’elle a suscité, l’ampleur des réactions  international es auxquelles elle a donné lieu, comme l’enjeu politique qui s’attache à l’exercice de cette liberté en démocratie,  invitent à aborder ce débat  avec la plus grande  modestie.

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04/01/2016 – La famille enjeu d’avenir pour l’Église – Danièle Hervieu-Léger

Exposé
Nous sommes face à un éclatement probable du « système » catholique en général. Il est difficile de penser la diversité catholique mais cette fragmentation menace la survie de l’institution, menace forgée par sa résistance à la modernité démocratique, aux droits de l’homme etc…
Le modèle de l’intransigeantisme catholique s’est bâti dans la foulée de la révolution française en réduisant les courants libéraux. Ses deux manifestations emblématiques sont le Syllabus en 1864 qui dénonce les errements du monde moderne et le dogme de l’infaillibilité pontificale de 1870.
Il se fissure très vite par les succès de la science moderne et la mise en place de l’école démocratique qui élève le niveau d’instruction générale du peuple, non sans provoquer en réaction le raidissement du modèle, avec Pie XII notamment.
L’effondrement s’accélère sous la pression des revendications d’autonomie. Vatican II (1962) est le résultat d’un effort pour y répondre en desserrant le carcan théologico-politique de l’intransigeantisme (déclaration sur les libertés religieuses). Il représente une ouverture mesurée à l’autonomisme. Il ne prétend plus à la régie du monde. Le mythe de la chrétienté s’effondre mais il prétend encore à exercer un magistère éthique.
Ce déplacement ne sauve en rien la situation. La dissidence lefebvriste est un fait majeur. Le concile n’a pas enrayé le hiatus entre vie civile et l’église (cf. Humanae vitae de 1968). Cette distance culturelle atteint directement la matrice civilisationnelle (sic !) bâtie pendant des siècles de « l’État moral et enseignant » par lequel l’Église continuait à s’adresser à tous.
Au delà d’un petit noyau de fidèles, les autres ne savent même plus ce dont elle parle. François Dubey va jusqu’à faire un parallèle entre la décomposition scolaire et celle de l’institution. Plaider que les « forces vives » sont ailleurs est une fiction : la vague évangélique minorise l’église catholique. Le « système catholique » est fragilisé par le catholicisme occidental.
Cette fragmentation (cf Lefebvre) est l’obsession des derniers pontificats : avec Jean Paul II – pontificat de l’escamotage charismatique de la question par l’incarnation de l’unité sur sa personne charismatique – on assiste à un émiettement de la collégialité. Benoît XVI – l’histoire lui rendra justice – engage la réforme de la Curie et cherche à retrouver l’unité avec les lefebvristes grâce à une production intellectuelle de haut niveau mais déconnectée de la réalité.
Une lourde charge d’attente pèse donc sur François qui a pour lui d’être un pape « venu d’ailleurs » mais jusqu’à un certain point car l’Argentine est venue d’Europe et plutôt que d’un monde « de l’ailleurs », il s’agit d’un monde écartelé.

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05/10/2015 – Que recouvre le vote FN ? – Hervé Le Bras

EXPOSE

Le vote FN est apparu en 1984 soit depuis 31 ans. Difficile à admettre sur une telle durée qu’il ne s’agisse que d’un vote de mécontentement.
Trois zones privilégiées : le Nord-Est, la zone méditerranéenne, le long des fleuves apparaissent avec une grande constance. Mais vote très contrasté au niveau des communes.
S’agit-il du fonds historique de l’extrême droite ? L’évolution des cartes des votes d’extrême droite depuis 1889 (Général Boulanger), jusques qu’au vote « Tixier Vignancourt » de 1979 ne montre aucune corrélation.
Mais corrélation dans le temps depuis 1875 avec les cartes de « motivations » axées sur l’immigration et la sécurité qui sont effectivement les marqueurs affichés par le FN.
Que se cache-t-il derrière cela ? 0n a étudié la question dans deux zones caractérisées par un habitat plus ou moins groupé : la Marne, 80%, ou l’Ile et Vilaine, 20%, pays d’enclos et de bocages soit deux zones de sociabilités très différentes réagissant en sens inverse aux changements apportés par la modernisation (motorisation). On cherche à se rassembler à l’Ouest, à s’isoler à l’Est ou une culture fondée sur des rumeurs s’installe plus volontiers et où la criminalité est inversement proportionnelle à la largeur des rues,. De même sur les axes de grandes circulation (fleuves).
À l’Ouest le FN est arrêté par le bocage. Au dessus de 150 m d’altitude, il ne passe plus.
Tout cela est assez enraciné et il n’est pas facile de réagir.
Le FN change à partir de 2002 car s’il ne fait que 1,5% de mieux au 2ème tour de la présidentielle, c’est qu’il a fait le plein de ses voix. En 2007, Sarkozy réalise un hold up sur le FN. Le « pompage » est surtout important dans les grandes villes. Une nouvelle carte apparaît qui oppose les centres ville importants et leur périphérie.

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