Mot clé : MOYEN-ORIENT

05/02/2018 – Israel, Palestine, paix impossible – Alain Diechkoff.

Israël - Palestine, la paix impossible ? Avec Alain Dieckhoff le 5 février

Exposé

Depuis ma venue au Club en 1994 la situation en Israêl-Palestine a bien changé. Les accords d’Oslo venaient d’être signés en septembre 1993 et un certain optimisme semblait possible quant à une issue du conflit. Mais plusieurs choses ont joué en sens contraire. Rappelons le triste et triple anniversaire de 2017 :

  1. Centenaire de na déclaration Balfour de novembre 2017 par lequel le Royaume Uni reconnaissait la légitimité de l’installation d’un foyer national juif en Palestine dont il avait le mandat.
  2. 29 novembre 1947, vote de l’ONU instituant le partage de la Palestine, premier acte de reconnaissance d’une solution à deux États.
  3. 1967 guerre des « 6 jours » avec occupation par Israël de territoires arabes (Gaza, Sinaï, plateau du Golan, Cisjordanie et Jérusalem Est). Le Sinaï fut rendu à l’Égypte en 1982.

Il montre bien les questions fondamentales au cœur du problème : une certaine légitimité d’Israël, le développement de la colonisation surtout à partir de 1977. Le conflit s’installe donc dans la durée mais avec des modalités  et motivations différentes.

Plusieurs raisons à cela. Il ne faut pas négliger la dimension symbolique : affrontement de deux projets nationaux dans un endroit très symbolique.

Quelle évolution depuis 1993-1994 ?

Les accords d’Oslo devaient mettre en place un régime d’autonomie pour les Palestiniens. De fait un gouvernement va y fonctionner mais sans souveraineté véritable. L’armée israélienne y intervient à sa guise. Pas d’évolution significative depuis lors. La dynamique des négociations a buté rapidement sur une série de drames :

  • L’assassinat d’Isaac Rabin en novembre 1995 par un nationaliste religieux qui a revendiqué son geste pour faire dérailler le processus de discussions. Des gestes parallèles sont enregistrés du côté de l’OLP (attentats commis par le Hamas). Ceci aboutit à la victoire de Netanyahou contre Pérès aux législatives de 1996
  • Un sursaut important interviendra en 1999 avec la victoire d’Ehoud Barak, chef du parti travailliste. Il déploie une vive activité diplomatique (notamment avec la Syrie) qui aboutira à la rencontre de Camp David  avec Arafat en présence de Bill Clinton (11-25 juillet 2000). Ce sera un échec mais qui pour la première fois aura dessiné les grandes lignes de la solution possible :

o   Deux États de part et d’autre de la ligne verte de 1967 avant la guerre des 6 jours (avec quelques écarts possibles pour tenir compte des colonies mais avec une logique de compensation territoriale qui impliquerait le déplacement possible de près de 80000 juifs)

o   Jérusalem ville ouverte capitale des deux États (sauf pour la vieille ville et les lieux saints).

o   Retrait progressif de Gaza.

o   Maintien d’un contrôle au moins indirect d’Israël sur la vallée du Jourdain.

o   Droit de retour possible des palestiniens sur le territoire de la Palestine. Dédommagement possible pour les autres.

Lire la suite →

04/12/2017 – Gouvernance de l’eau – Erik Orsenna

Le 4 décembre, la gouvernance des grands fleuves avec Érik Orsenna

Exposé Je suis économiste des matières premières. Après 10 ans d’enseignement, j’ai eu envie d’expliquer la mondialisation.

J’ai entrepris un voyage d’étude sur la production du coton. J’ai rencontré des procédés de fabrication très différents. Un jour, dans un village ouzbek, je me suis étonné de voir tous les robinets d’eau ouverts. « Pas de problème, m’a-t-on répondu, on a l’Himalaya ». J’ai fait rapport et ai été contacté par la Compagnie Nationale du Rhône. Cette société originale créée à l’initiative du maire de Lyon associa aujourd’hui à son capital les collectivités locales riveraines du Rhône (17%), la Caisse des dépôts (33%) et ENGIE ex GDF (49,97%). Elle est propriétaire-concessionnaire des barrages hydroélectriques construits sur le Rhône.

La CNR m’a demandé de présider un Club avec une équipe pluridisciplinaire (archéologie, histooire etc…) couvrant les grands fleuves mondiaux.

Lire la suite →

07/12/2015 – Les crises au Moyen Orient et l’histoire – François Nicoullaud

Les crises au Moyen Orient, avec François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, le 7 décembre

Exposé

Au Moyen Orient la recherche de la vérité se fait sur un plan vertical. On descend dans un puits où se rencontrent de bas en haut trois niveaux : celui des ethnies, celui des religions et celui des États et nations.
1. Les ethnies. Ici ethnie équivaut pour beaucoup à l’identité que chacun se donne à lui-même. On distingue les sémites se décomposant en arabes et juifs, les indo-européens (iraniens, kurdes …), les turcs (touraniens) présents en Iran, Irak, Azerbaidjan…
2. Les religions. L’Islam a laissé subsister diverses formes du christianisme, des zoroastriens… En dessous de lui subsistent des pratiques très anciennes, zoroastrisme, manichéisme, mazdéisme, les alaouites en Syrie, les Yazidis ((très proches des zoroastriens) en Irak. Les chiites qui incluent les alaouites, les Ismaéliens, des confréries de soufis, se rattachent à la figure d’Ali et aux imams qui lui ont succédé (Ismaéliens fidèles du 7ème imam – les septidécimains -, Houtis du Yemen fidèles du 5ème imam, chiites d’Iran et d’Irak fidèles du 12ème imam – l’imam caché – qui reviendra à la fin des temps -).
3. Les empires et nations. L’ensemble du MO est nostalgique de l’unité de l’empire achéménide avant la scission entre empire perse et empire byzantin. Les premiers califes ont essayé de retrouver l’unité. L’empire ottoman a voulu restaurer le califat mais n’y est pas arrivé à cause des safavides de perse qui veillaient et ont promu le chiisme duodécimain (du 12ème imam). Dans les temps modernes tous ceux qui se sont essayés à rétablir l’unité fantasmée (Nasser) n’y sont pas arrivés et les Nations créées par le traité de Versailles sont arrivées à prendre racine car le principe national porte en lui une grande force de cohésion.

Lire la suite →

01/06/2015 – Le piège Daech – Pierre-Jean Luizard

Le 1er juin, le Djihadisme et le piège de Daech, avec Pierre-Jean Luizard

Le succès de DAECH dans le contexte de déliquescence de l’état en Syrie et en Irak est-il une explosion passagère ou un phénomène durable ?

Depuis plusieurs mois, un ovni, « l’Etat Islamique (Luizard justifie cette expression en disant que c’est un état en construction et que ses dirigeants revendiquent leur islamisme) en Irak et au Levant » est devenu un acteur essentiel du jihad international, attirant sous son label des groupes de plus en plus nombreux. Demain a lieu à Paris une conférence internationale de la coalition anti-DAECH pour évaluer la campagne de raids aériens depuis août, qui n’a pas endigué les conquêtes de L’EI, comme le montre la prise de Palmyre et de Ramadi. Il n’y a plus de frontière entre la Syrie et l’Irak. Alors, quelle stratégie face à l’EI ? Faut-il engager des combats au sol ? avec des acteurs locaux ? Se rapprocher de Bachar-el-Assad ? Ou bien faut-il réfléchir à la viabilité des états en déliquescence et repenser leurs frontières ?

Depuis un an, l’EI s’est imposé avec l’occupation de Mossoul (2 millions d’h.) La communauté arabe sunnite a fait un choix dont il faut analyser les causes. Al Quaïda en Irak et au Levant est incorporé à l’EI, même si en Syrie, dans les zones levantines, Jahhat Al Nosra , « Front de soutien au Levant», reste une organisation puissante.

Lire la suite →

04/05/2015 – L’Iran aujourd’hui – Farad Khosrokavar

L'Iran  au cœur de notre soirée, le 4 mai, avec Farhad Khosrokhavar

Exposé

La dimension géopolitique de la région, bien établie de puis longtemps, s’est transformée fondamentalement depuis 2 ans du fait :
1. des répercussions de la guerre civile en Syrie.
DAECH s’est constitué sur les ruines de l’armée irakienne ainsi que sur la fragmentation politique en Syrie et en Irak. En Syrie, l’islamisme radical fait de DAECH et du front Al Nosra a bouleversé beaucoup de choses.
Près de 4000 européens se sont enrôlés dans leurs rangs. DAECH aligne 30000 combattants dont 1/3 d’origine étrangère, venus de partout sauf d’Amériques latine.
Du coup en Europe, Bachar el Assad est perçu comme un moindre mal. La lutte contre DAECH est jugée plus importante. L’Iran est en première ligne à ses côtés.
2. De la signature probable du traité « nucléaire » avec l’Iran où le Guide suprême est en mauvaise santé et pense qu’il faut l’accepter pour ne pas risquer de mettre en cause le régime.. Cette signature entraînera de facto une convergence irano-américaine mal acceptée par l’Arabie saoudite et Israël mais qui ne pèseront pas face à la real politik des USA et de l’EU.
Pour consolider sa position et faire taire les opposants, le Guide s’est engagé dans une politique de domination du MO. L’Occident lui a déjà supprimé ses deux ennemis irakiens et afghans (talibans). L’Arabie saoudite n’a pas d’armée réelle. L’Égypte a trop de problèmes intérieurs à régler.
Reste la question de la survie du régime après sa mort. Beaucoup de prétendants à l’intérieur voient d’un mauvais œil l’hégémonie des chiites :
• Les Pasdaran qui forme une mafia économico-militaire tentée de prendre le pouvoir
• Un noyau dur d’une société civile bien éduquée avec 4 millions d’étudiants dont beaucoup de haut niveau étudient aux USA, en France à l’X, , un cinéma qui produit de bons films, un énorme marché littéraire dominé par des femmes pas très âgées et qui n’a rien d’islamique.
La Culture se démarque ainsi de la théocratie chiite (équivalent français de l’opposition Droite-Gauche). Les plus grands théologiens la dénoncent et critiquent aussi son maintien au pouvoir. Beaucoup de penseurs occidentaux sont traduits en iranien. Seulement 10 à 15% de la population serait traditionnaliste au sens religieux du terme.

Lire la suite →